Compartiment C, voiture 293 est un tableau insolite d’Edward Hopper !

Publié le : 27 mai 20214 mins de lecture

Depuis quelque temps, les œuvres d’Edward Hopper ont fait parler d’elles et regagnent de l’attention. Avec la pandémie du covid, le terme d’isolement a marqué les esprits et c’est un imaginaire majeur dans les travaux de l’artiste.  

Zoom sur l’auteur

Le peintre Edward Hopper (1882–1967) était connu pour avoir cultivé ce qu’on appelle un réalisme à contre-courant. Plutôt que de suivre les avant-gardistes de son temps, il s’est focalisé sur la mélancolie dans l’« American way of life ». Et cette toile intitulée « Compartiment C, voiture 293 » de 1938 illustre cette pensée. L’aspect immuable rend son art unique et valable même à l’heure actuelle. Il a su apporter l’insaisissable comme le silence ambiant.

Une œuvre atypique au sens profond

L’œuvre en question représente une femme, dans un habitacle de train, un intérieur à l’allure chaleureuse. Réalisée sur une dimension assez petite, la simplicité ressort du fond coloré à plat. Une voyageuse solitaire apparait sur l’image avec un rendu universel par la disparition des traits du personnage. Le thème de la solitude explicité se retrouve notamment accentué avec le titre objectif et pourtant hasardeux sans parler de la sensualité véhiculée par l’image. Un contraste se forme entre la couleur verte froide du premier plan avec l’orange chaude à l’arrière. Par ces techniques, le sentiment de l’incertitude derrière ce tableau est palpable, aussi bien pour l’homme du 21e siècle. Effectivement, les moments de vides s’avèrent chargés d’anxiété dans une peinture imaginée.

Source d’inspiration à la réalité

Bien que l’œuvre ait été réalisée bien avant notre époque, le sentiment qu’elle dégage provoque encore un écho. Un chanteur du nom d’Hubert-Félix Thiéfaine s’est même servi de ce tableau pour le titre d’une de ces chansons. Si l’on y fait attention, la femme sur l’image ne s’est pas installée du côté de la fenêtre et semble désintéressée du paysage sans pour autant avoir l’air d’attendre quelqu’un. Tel est le réalisme figuratif qu’Hopper peint à la perfection. Il reflète toujours un état d’esprit que l’on ne peut parfois exprimer. Selon sa logique, il n’y a aucun intérêt à vouloir le peindre si de simples mots suffisent. Est-ce que cela touche le public ? Oui, les toiles de cet artiste représentent souvent par un effet voyeurisme les angoisses intérieures de l’homme confiné et en perdition. La femme est souvent au cœur du sujet et il ne s’occupe pas généralement de la classe. Il ne montre que des personnages anodins et des objets sans intérêt, mais une fois mise en scène, le « rien » se transforme en une véritable immersion.

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